Ca(thar)ss' Auto

    Rentrée dedans en matière.

Aujourd'hui, on va pas casser de la bagnole, on va casser du chauffeur.
Le premier qui passe, dans sa carriole, j'lui arrange sa dernière demeure.
J'marche au milieu de la route, j'les emmerde : C'est bon.
Pour plus de sûreté, j'ai revêtu mon armure en carton.
Mes ongles de quartz dansent sur leurs chiottes vernies.
Ho la belle rouge. Ca crisse. Comme les dents du mec que j'aiguise sur la glissière de sécurité.
Dommage : T'es sur mon passage. M'reste plus qu'à sauter à pieds joints sur ton capot pourri.
Sort pas ta gueule malheureux ! Trop tard. Ma botte de piéton vole : le pied, la félicité.

    Calme mec.

Grrrrr. Encore un qui fait beaucoup trop de bruit, à tracer à travers la rue désertée.
La rage me pousse à déterrer un poteau électrique. Je l'attends au virage.
Je vais te baiser-ball. Te coller quatre roulettes sous l'cul pour l'éternité.
Il s'amène. Dans un élan de jouissance démoniaque, je frappe : Le carnage.
Ca flambe. Je m'approche, tire l'ex-futur père de famille du brasier. T'inquiètes. Tu vas vivre.
J'ai du sang de paraplégique sur les mains. Je lèche. Hmmm... Encore !
J'm'acharne sur les restes du véhicule. J'mécorche les points, j'me brule. Et alors.
La deuch' a appelé toute seule les secours : Brave bête. Ton maître va survivre.

    Encore.

C'est pas fini. Je vois une bande de golios à la queue leu leu. Ils attendent à un feu.
Ils ont l'air tellement malades dans leurs boites à savon que je décide de les aérer un peu.
J'ai pété un pare-brise avec une masse : derrière il y avait un mec : tout gris.
J'lui ai fait le coup du "LEVES-TOI ET MARCHE, BORDEL !" Mais il a pas compris.
Même ramper, il avait du mal. D'le voir comme ca, ca m'a fait chier : j'ai du l'achever avec la masse.
J'ai d'la cervelle de cadavre sur les bras. Je lèche... ENCORE !!!
Une bande de p'tits cons s'allument une caisse dans un coin mort.
Les mecs, ce soir, vitesse supérieure : On va se taper du chauffeur. Ca casse ou ca casse.

    ENCORE !!!

C'est l'hivers. Ca caille dans la rivière, sous le pont. Vite. Ca va passer au vert.
J'arrache un pilier, le tablier me tombe sur la gueule. Les vrombissements impatients me soulagent.
Quoi de plus noir que l'absence de pont dans la nuit. Je fais la planche, et hurle : Bon voyage !
Trop facile. Ils sont tombés dans le panneau... et dans la Meurthe. Ils n'ont pas souffert.
Tiens, y'en a un qui sort de l'eau. C'est un gosse qui a eu de la chance. Ca arrive parfois.
J'ai des larmes de mères sur la joue, je lèche... Ca suffit.
Pas encore. Le dernier, j'veux m'le faire intact. Ya pas trente six moyens. Je saute sur la voie.
T'es dans de beaux draps, mec. Je vois plus rien, ébloui. J'entends plus rien, assourdi. L'engin suit son bruit, c'est fi...

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